Controns les voleurs de données

Publié le Catégorisé comme infos

Nous avons déjà souligné l’intérêt de réserver une adresse courriel aux commerçants, aux sites marchands ou aux différentes lettres de diffusion, abonnements etc. de façon à cloisonner les choses et éviter trop d’intrusion.

Il reste des points sur lesquels nous pouvons agir de façon malgré le RGPD à mieux protéger notre vie privée et nos données personnelles.

Petits exemples vécus pour commencer

J’étais allé regarder une vidéo sur You-Tube comme on vous en propose des centaines aujourd’hui sur le développement personnel. A la suite de ce visionnage je me suis inscrit à une lettre de diffusion histoire de ne pas manquer la prochaine diffusion.
Pour cela, j’ai donné une adresse mail (celle que je réserve à ce type d’usages) et un nom qui m’était demandé. J’ai donné un pseudonyme.

Résultat des courses, je me suis trouvé abonné à non pas une mais trois lettres de diffusion ! Même si ma boite est réservée à cela, je ne tiens pas non plus à entasser les courriels, ça pollue !

Alors, j’ai suivi le petit lien pour ce désabonner, bien caché tout en bas de la lettre de diffusion : j’ai découvert une stratégie assez désagréable. Il faut répondre à des questionnaires, quasiment se justifier, et se désinscrire lettre par lettre. Mal venu et et fastidieux ! Visiblement une stratégie assez invasive et manipulatrice (alors que la vidéo voulait déjouer les manipulateurs) et surtout en cliquant pour me désabonner, je découvre que mon profil était conservé avec mon adresse mail. Inacceptable à mes yeux ! Alors j’ai pris une minute pour modifier ce mail et inscrire une adresse bidon… a priori pas de demande de confirmation donc c’est passé (sinon, on peut aller créer une adresse mail provisoire).

Autre situation banale : j’étais inscrit chez un site commerçant. A la suite d’un problème de délai, je n’ai pas fait affaire et la commande a été annulée. Mais le site ne permet pas a priori de supprimer mes coordonnées. J’ai donc modifié tout ce qu’il était possible en ligne même si je sais que souvent les malins vont demander confirmation…

Sauf lorsqu’il s’agit d’un site officiel ou si je dois justifier légalement de mon identité ou garantir une livraison, je ne suis pas obligé de partager de véritables données.

De très nombreux sites sont intrusifs et veulent savoir votre âge, votre adresse, votre état de santé ou disposer d’éléments divers pour vous situer. Que ce soit un site de conseils en santé ou un site de développement personnel rien ne vous oblige à donner de véritables informations !

  • donnez une adresse courriel réservée aux échanges publicitaires ou par abonnements
  • transformez les données qui ne sont pas indispensables pour accéder à l’information
    • soyez très prudents avec les sites qui vous proposent des “mutuelles” (en réalité des assurances privées) et qui imposent des questionnaires
    • soyez également très prudents avec tous les sites qui vous proposent des offres pour vous loger, aménager ou isoler votre logement et sous prétexte d’aides supposées de l’État recueillent des données avant toute proposition réelle.

En un mot, vous avez le droit de mentir pour protéger votre intimité !

Lorsque vous “n’êtes plus en affaires” ou intéressé par un site – sauf à ce qu’un délai légal soit imposé dans le cas d’un échange commercial – vous pouvez accéder à vos données et les modifier ou les supprimer

Si vous avez cinq minutes, il peut-être utile d’aller vous désinscrire sur le site en lien avec telle ou telle application, lettre ou liste de diffusion, si cela ne marche pas ou semble complexe, allez modifier les informations et si vous ne parvenez pas à vos fins, signalez le site à la CNIL (elle est débordée mais bon…).

La CNIL a mis en ligne un service pour déposer plainte : https://www.cnil.fr/fr/plaintes

Félicitons au passage des organismes comme la mairie d’Auray (Morbihan) , qui vous informent désactiver votre compte en ligne si vous n’agissez pas dans les délais.

Prévenir est mieux que guérir

Je suis incapable de vous dire à combien de sites j’ai pu donner des informations importantes. J’ai compris un jour, suite à un formulaire rempli chez… un dentiste (!) que j’avais un peu vite partagé mon téléphone fixe par exemple. Il faut toujours être prudent et ne pas céder à l’injonction du formulaire même si un document aux allures administratives peut faire sérieux et impressionner .

Il est mieux de s’interroger avant :

  • que vais-je laisser de moi comme informations ?
  • ces informations sont-elles nécessaires à l’échange ou exigibles légalement ?
    • si je suis confronté à des “cases ou champs obligatoires” à renseigner et sauf si cela engage mon honneur ou ma responsabilité, rien ne m’oblige à dire “la vérité” à un tiers qui n’a pas à collecter d’informations à mon sujet.

Bien entendu, on pourra nous dire que le combat est difficile. On le voit avec la question des “cookies” tiers susceptibles de tracer notre activité et la croiser de façon notamment à nous imposer de la publicité.
C’est complexe, cela suppose une sorte de vigilance… mais c’est aussi une saine et belle résistance !

Partagez si vous aimez !

Par Vincent Breton

Vincent Breton anime plusieurs blogs. Il s'intéresse au numérique et notamment au monde du "libre" depuis de nombreuses années. Il a exercé plus de quarante ans dans l'enseignement. Après avoir été responsable d'une équipe mobile de liaison (EMALA), il est devenu formateur pour les enseignants et a lancé le site "Prepaclasse" qui connut une certaine renommée. Comme inspecteur de l'Éducation nationale dans le premier degré, il a été chargé de la mission départementale relative au numérique à Paris, dans le Finistère et dans les Hautes-Alpes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.