Un livreur géolocalisé

La numérisation peut avoir des effets positifs et d’autres problématiques. Exemple du jour avec la géolocalisation de la livraison.

La recherche de l’efficience

Cela ne date pas d’hier. Les véhicules de livraison sont équipés de puces GPS qui permettent à un employeur de “pister” son livreur.

Si cela peut s’entendre en termes d’efficacité, on sait bien que la pression peut être significative. Un patron peut suivre ses employés à la minute et à la rue près…

Se pose en arrière plan la question de la rentabilité, de la norme, du degré d’exigence…

On pourrait se dire que si le risque est d’entretenir une cadence infernale, le législateur pourrait s’emparer de la question et imposer une limite à ne pas dépasser pour éviter de mettre le livreur en trop grande pression, voire de prendre des risques. Hélas, il semble que l’on en soit loin…

L’accès donné au client n’est pas sans problème

J’ai reçu un SMS m’informant de l’heure d’approche du livreur et du nombre de livraisons qu’il devait accomplir avant d’arriver chez moi…

Sympathique ?

Sauf que :

  • j’ai très bien vu le trajet emprunté et j’ai pu clairement identifier le lieu de certains arrêts correspondant à des maisons particulières
  • en zone semi urbaine il m’a été assez facile de zoomer sur ses lieux de livraison
  • un petit retard étant repéré après midi, j’ai tout simplement pu…
    • repérer où se trouvait le livreur
    • en déduire et ce n’est pas illégitime qu’il faisait sa pause déjeuner
      • trouver le restaurant où il déjeunait disposant de fait de la rue et et du nom du restaurant le plus proche

Par conséquent :

  • je sais que certains ont reçu une livraison
  • je connais le restaurant où à déjeuné mon livreur et je peux estimer le temps passé pour son repas (moins de 25 minutes)

Il me semble que ce faisant, j’ai accédé à des données qui ne “me regardent” pas et qu’il aurait été suffisant que l’on m’informe d’une heure estimée de livraison.

Certes, cela peut semble “amusant” et peut inciter le client à ouvrir sa porte pour une livraison, mais il apparaît que l’on partage des données rompant la confidentialité.

Là aussi, le législateur pourrait peut-être intervenir pour limiter le recours abusif à la géolocalisation.

Un bon sujet de réflexion pour la CNIL !

CC BY-NC 4.0

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