Êtes-vous prêts pour la grande panne d’Internet ?

Publié le Catégorisé comme infos

Lundi 4 octobre 2021, la planète s’affolait : vers 17h les observateurs notaient l’alerte. Panne chez Facebook et la famille ! WhatsApp et Instagram tout comme Messenger devenaient inaccessibles. Le 5 au matin, on observait encore des dysfonctionnements. Tandis que les uns mesuraient leur addiction, les autres tentaient de réparer. Les millions de dollars fuyaient et la bourse voyait les actions de Marc Zuckerberg s’effondrer.
Au delà de l’incident, un peu plus grave que les précédents, sommes-nous prêts à affronter une panne plus lourde ?

La bêtise de mettre tous nos œufs dans le même panier

Twitter aurait pu se frotter les mains. Mais on resta pudique. En effet, l’incident aurait pu tout aussi bien toucher leur maison.

Passons sur la faille énorme . Au moment où j’écris , Facebook dit que ce serait une erreur technique interne qui aurait causé l’accident. Même pas besoin de se faire hacker donc. Ils savent se planter eux-mêmes “comme des grands”
Le vrai problème c’est que des personnes sans “roue de secours” n’ont pu poursuivre certaines de leurs activités. Je pense à des groupes WhatsApp qui n’ont pu se réunir. D’autres avaient peut-être prévu des visios Facebook etc.

Outre les leçons à tirer au sein de leur organisation, nous pourrions nous dire deux choses :

  • 1) quand on prévoit un dispositif d’échange collectif, ne serait-ce que pour un groupe de travail entre étudiants, il peut-être bon d’avoir une deuxième application en roue de secours comme “Signal”
  • 2) prévoir en termes de sauvegarde d’avoir récupéré les données mises en ligne sur ces applications (ou alors ne rien y laisser). En effet, imaginons une panne plus lourde : quid de nos publications, photos et médias divers si nous n’avons pas de double ?
    • Dans tous les cas, il paraît peu pertinent de confier toutes ses données à la même maison
  • à noter : celles et ceux qui se connectent à une application tierce via les identifiants Facebook semblent n’avoir pas été en mesure d’accéder à celle-ci. Il était impossible de s’inscrire via Facebook pendant la panne… Attention donc pour toutes celles et ceux qui ont crée une dépendance de leur application tierce qui suppose que Facebook fonctionne. C’est un effet de blocage en chaîne qui est alors crée.
  • Le conseil général encore une fois est de se libérer autant que possible de la famille Facebook et de ne pas faire dépendre toutes ses activités du même groupe (au delà des questions éthiques ou de préservation de vos données)

Sommes-nous prêts pour la grande panne Internet ?

C’est un peu comme pour la pandémie. Entre mesures au niveau des états et des grandes organisations et mesures individuelles, sans céder à la panique, serions-nous prêts ?

D’un point de vue individuel

Que se passerait-il si nous n’avions plus accès à l’Internet ? C’est un peu à chacun de le mesurer. Il faut regarder du côté des outils de communication pour son travail, sa vie sociale, la gestion de son argent…

Les banques seraient-elles accessibles ? Pourrions-nous retirer de l’argent ? Les salaires et pensions seraient-ils versés ? Il faudrait retrouver des “façons de faire” datant d’avant le numérique. Mais la paye, se fait elle-même sur logiciel et si l’information ne peut plus être transmise numériquement…
Un certain nombre d’applications passant par l’Internet peuvent gérer des données qui nous sont nécessaires au quotidien…

Retirer de l’argent, de l’essence, faire nos courses, entrer dans certains immeubles,communiquer… tout cela pourrait devenir compliqué.

Peut-être pour l’évaluer, chacun devrait-il faire un “autotest” grandeur nature… Un jour sans Internet…deux, une semaine… et si je n’ai pas de salaire ?

Incontestablement, si des “roues de secours” n’existent pas, nous risquons de céder à la panique… des troubles pourraient suivre…

Et les états et les grandes organisations ?

Au delà de la question des sauvegardes doubles à grande échelle , de la lutte contre les virus… il est difficile de savoir ce qui est prévu dans ce qui pourrait vite relever d’enjeux stratégiques.

Le numérique nous relie en de nombreuses interactions : circulation routière, plateau chirurgical, sécurité… éducation..gestion des finances publiques et privées… les exemples fourmillent.

Avez-vous entendu des candidats aux élections évoquer ce sujet ? Sait-on qui gère sérieusement cette affaire ?

De ce point de vue encore une fois, la dépendance aux seuls GAFAM interroge. Saurions-nous activer rapidement de petits réseaux alternatifs ? Comment seraient-ils activés ? Comment éviter les effets de dominos ?

Le lien également avec les questions liées à l’alimentation en énergie puisqu’il en faut pour faire tourner le net, est-il anticipé ?

On peut se demander à l’instar des exercices en cas d’incendie ou de de terrorisme etc. s’il ne serait pas intéressant que les états fassent des exercices “grandeur nature” pour tester la meilleur façon de répondre à une crise d’ampleur… mais singulièrement, une panne comme celle d’hier montre que les problèmes pourraient vite toucher la planète.

Ce ne serait pas donc faire du catastrophisme que d’anticiper un peu sérieusement, autant que possible les crises à venir… Pourquoi est-ce le grand silence sur ces questions aujourd’hui ?

La question n’est pas de savoir si ça va arriver, mais quand ?!

Car encore une fois, le plus vraisemblable et surtout si on continue de laisser les GAFAM dominer, la question n’est pas de savoir si un problème va se présenter mais quand et quelle ampleur il prendra.

Il faudrait cesser d’être naïf, d’autant plus que l’attaque intentionnelle du réseau n’est pas à exclure et que ce sera peut-être même là que se jouera la prochaine guerre mondiale.

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Par Vincent Breton

Vincent Breton anime plusieurs blogs. Il s'intéresse au numérique et notamment au monde du "libre" depuis de nombreuses années. Il a exercé plus de quarante ans dans l'enseignement. Après avoir été responsable d'une équipe mobile de liaison (EMALA), il est devenu formateur pour les enseignants et a lancé le site "Prepaclasse" qui connut une certaine renommée. Comme inspecteur de l'Éducation nationale dans le premier degré, il a été chargé de la mission départementale relative au numérique à Paris, dans le Finistère et dans les Hautes-Alpes.

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